De la maladie de l’alcool aux addictions comportementales : ce que dit le cerveau

Le Docteur François Pépin, médecin addictologue, élargit ici la conversation bien au-delà de la seule maladie de l’alcool. Sport de haut niveau, troubles du comportement alimentaire, toxicomanie, mais aussi jeu, écrans et réseaux sociaux : les mêmes ressorts cérébraux sont à l’œuvre. Pour saisir comment ce circuit du plaisir s’emballe, on pourra se reporter à notre dossier consacré aux mécanismes de l’addiction, et au cas particulier du sport, qui peut lui aussi devenir une addiction. François Pépin insiste sur un point souvent découvert tardivement : la dépendance peut s’installer sans qu’aucune substance ne soit consommée. Une partie de jeu, quelques heures à faire défiler un fil d’actualité, et le cerveau répond par les mêmes signaux que ceux provoqués par l’alcool — une véritable « ivresse » sans alcool.

Cette séquence fidèle à ses propos dans son témoignage sur l’écoute et l’espérance : pour le Docteur Pépin la maladie de l’alcool n’est jamais réduite à une faiblesse de caractère, mais reconnue comme une affection aux mécanismes identifiables, partagée avec d’autres formes de dépendance. En reliant l’alcoolisme aux addictions comportementales contemporaines, l’échange prolonge les propos auprès de celles et ceux qui trinquent, et invite chacun à se demander, où passent ses propres lignes de fragilité.