Les mécanismes de l’addiction

Comment les comportements addictifs affectent notre cerveau et nos émotions ?

Quelle différence entre dépendance et addiction ?

Avant, nous parlions de dépendance, qui signifie être assujetti à un autre, c’est-à-dire un produit et que l’on devient esclave de celui-ci.

Ce produit doit soit procurer du plaisir, soit amoindrir un problème. Et là, on entre dans l’addiction. On recherche un produit qui est gratifiant et qui fait du bien, mais attention, SUR l’instant. Et le produit apporte de la récompense dans le cerveau.

La vraie question est que lorsqu’on est dans une addiction, on sait pertinemment que c’est mauvais pour le corps néanmoins, on continue quand même !

Pourquoi l’addiction ?

Nous sommes tous des êtres affectifs et qui cherchent à aimer et être aimer. Mais quand, dans ce que nous vivons, l’amour n’est pas là, aujourd’hui ou par des blessures antérieures profondes, l’addiction nous aide à supporter ce que nous ne pouvons vivre et ressentons comme insupportable même si nous savons au fond de nous-même que l’addiction peut devenir grave et mortelle.

La maladie alcoolique est une maladie des émotions. Souvent la personne alcoolique est blessée de l’Amour et le recherche, Mais en même temps, elle en a PEUR. Alors quoi de mieux que demander à l’alcool ou à un autre produit la gratification tant recherchée et que mon cerveau prendra pour l‘Amour ?

Différentes sortes d’addictions

Les addictions sont diverses, on les divise en deux catégories :

  • Les addictions aux substances psychoactives.

Elles concernent l’ensemble des produits ayant une action directe sur le système nerveux central. Il s’agit du tabac, de l’alcool, des médicaments, mais aussi des produits détournés de leur usage (les solvants, les colles, …), ainsi que les stupéfiants (le cannabis, l’héroïne, la cocaïne…).

  • Les addictions sans substances appelées comportementales.

Elles sont en lien avec un comportement irrépressible et incontrôlé. Elles regroupent toute activité dont le niveau de pratique est excessivement élevé (les jeux de hasard et d’argent, les jeux vidéo, les réseaux sociaux, les écrans, les achats compulsifs, le sexe, le sport, le travail…). Les troubles du comportement alimentaire (anorexie ou boulimie) sont souvent également considérés comme des addictions comportementales et fréquemment associées à une addiction à l’exercice physique.

  • Un exemple d’addiction auquel on ne pense pas spontanément… le sport. Or, il peut devenir une vraie addiction. Pourquoi ? Il libère dans notre cerveau des endorphines qui se fixent sur les récepteurs opioïdes du circuit de la récompense dans le cerveau et donc peut générer une addiction. En fait, quand on fait beaucoup de sport, on peut dire que l’on « plane » du fait de l’augmentation de ces endorphines et cela génère l’envie d’en faire encore davantage. C’est alors le même mécanisme que pour toutes les autres addictions. D’ailleurs, on constate que les sportifs de haut niveau, qui sont obligés de s’arrêter pour des questions d’âge ou de santé, doivent avoir un sevrage très sérieux.  Et malheureusement, nombreux sportifs de hauts niveaux deviennent parfois malades de l’alcool ou de drogues.

Et n’oublions pas qu’une addiction peut en entraîner une autre, et l’on peut passer de l’une à l’autre.

L’addiction est une maladie multifactorielle

L’addiction est une maladie multifactorielle, son développement est influencé par trois composantes : un individu, une substance (ou un comportement) et un environnement, pour lesquels des facteurs de risques ont été identifiés.

1 Le facteur individuel

Ce sont :

  • Les traits de personnalité comme la recherche de sensations fortes,
  • L’impulsivité, une humeur négative, une mauvaise représentation/estime de soi,
  • Mais aussi des troubles du comportement comme les conduites antisociales, l’intolérance à la frustration, l’instabilité émotionnelle….

2 Les substances

Ce sont :

  • Les modalités de consommation (la quantité absorbée, la fréquence et la durée d’utilisation, le mode de consommation),
  • La poly consommation (association de plusieurs substances addictogènes),

Le pouvoir addictogène de la substance consommée joue un rôle sur l’installation ou l’aggravation de l’addiction.

3 Les facteurs environnementaux : sociaux, culturels et familiaux

Ce sont

  • Les représentations sociales des substances (convivialité et attribut culturel de l’alcool, la faible nocivité du cannabis),
  • Les pratiques sociales et culturelles (le monde de la nuit, du cinéma par ex.),
  • Les interdits culturels et religieux qui facilitent ou dissuadent la consommation,
  • La sphère familiale (la tolérance au produit, les conflits),
  • Les évènements de vie (divorce, décès, chômage, isolement, difficultés économiques),
  • L’environnement professionnel et scolaire (stress au travail, problèmes de santé, les pairs) contribuent au développement des conduites addictives.

Trois stades existes dans l’installation de l’addiction

  • La phase de recherche de plaisir.

La répétition de la consommation d’une substance ou de la pratique d’une activité est motivée par le plaisir généré. Cette sensation agréable ressentie lors de la consommation ou de la pratique est due à des modifications électrochimiques qui se produisent au niveau du cerveau : la libération de dopamine et de sérotonine, en particulier, et participe à la sensation de bien-être et au plaisir ressenti.

  • La phase d’augmentation d’une consommation accrue dûe à la tolérance aux produits.

Le deuxième stade est marqué par une diminution du taux de dopamine libéré à chaque consommation. L’organisme devient alors moins sensible aux effets de la substance et le plaisir n’est donc obtenu que si la personne augmente les doses.

  • Le troisième stade est la perte de contrôle. Les perturbations des réseaux cérébraux finissent par avoir des effets négatifs (anxiété, irritabilité, etc.) et entraîner une perte d’autorégulation. La personne n’a plus la capacité à résister aux envies de consommer.

L’alcool : une maladie de l’Amour et des émotions

Comme on l’a dit déjà dit, l’addiction à l’alcool et comme à d’autres produits révèle des blessures d’Amour, de l’attachement à l’autre, de la relation avec l’autre. On le recherche mais quand on boit un peu trop, nous nous coupons des autres. Paradoxe ! Si nous ne restons que sur le besoin immédiat, il devient un vrai tyran.

Et les émotions peuvent faire peur, même à des personnes n’ayant pas d’addictions. L’émotion est quelque chose qui se vit intérieurement et en profondeur et qui est bien différent d’une sensation qui, elle, ne fait appel qu’à nos sens et qui ne donne que des satisfactions éphémères et toujours les mêmes.

En creusant nos émotions, nous entrons dans notre vie intérieure. Mais une personne qui boit trop, craint ses émotions et le changement.

Un chemin spirituel

Boire trop d’alcool et être addictif, n’est pas une maladie de la volonté mais avant tout une question d’intelligence spirituelle. Avant tout, c’est la personne qui est en jeu et non l’alcool !

Le Christ nous dit : « Je t’aime et tu as du prix à mes yeux » Isaïe 43,4 ». « Ne crains pas : je suis avec toi ; ne sois pas troublé : je suis ton Dieu. Je t’affermis ; oui, je t’aide ». Isaïe 41,10

Aux Pèlerins de l’Eau Vive, en regardant le Christ, nous croyons que nous pouvons être libéré. En priant Marie, nous croyons qu’elle nous sauve.

Manu