Huit ans dans l’alcool,

                22 années d’action de grâce…

         J’avais tout pour être heureuse : trois enfants et une demande d’adoption en cours pour deux autres petites filles (qui sont arrivées malgré tout), un mari qui avait du travail, une belle maison. Issue d’une famille bourgeoise où la foi était vivante, j’ai eu une solide formation dans le scoutisme et plus tard comme animatrice en catéchèse… Mais un jour survient la dépression et peu à peu je vais chercher dans l’alcool un calmant pour mes angoisses. Cela commence le soir en attendant mon mari qui rentre tard ; d’abord un verre de porto puis deux, puis le porto n’est pas assez fort alors je passe au whisky et il en fallait de plus en plus et de plus en plus tôt dans la journée, jusqu’au jour où je n’ai plus pu m’en passer.

            Comme tout malade de l’alcool, je disais haut et fort que je pourrai m’arrêter quand je voudrais Je cachais mes bouteilles un peu partout dans la maison et il fallait toujours trouver de nouvelles cachettes car elles étaient découvertes ; mais je ne manquais pas de volonté ni d’imagination pour en trouver d’autres.

            Huit ans de descente aux enfers et de souffrance pour moi et ma famille. Constatant mon impuissance à m’arrêter seule, je consultai un alcoologue et essayais la cure ambulatoire. Mais là encore je mentais au médecin sur ma consommation. Le retrait du permis de conduire m’a fait toucher le fond et j’ai décidé de partir en cure. Trois semaines de cure et je suis sortie en pleine forme, bien décidée à ne plus boire. Cela a duré 3 mois, mais le temps passant, je ne pouvais admettre de terminer ma vie sans alcool et peu à peu je recommençai à boire un tout petit peu, en cachette, jusqu’au jour où je décidais de racheter une bouteille de whisky, me disant que je n’étais pas comme les autres et que je pourrais gérer : en moins de 24 heures elle était vide…Et ce fut de nouveau la descente aux enfers, les bouteilles cachées, les mensonges, la déception de mes enfants, le regard accusateur de mon mari, jusqu’au jour où il m’a dit : « Ou tu refais une cure ou je demande le divorce » J’ai refait une cure de 15 jours et c’est là que j’ai eu le déclic. En sortant, je savais que je ne boirais plus et cela dure depuis 21 ans. Une lente reconstruction commençait, personnelle et familiale car si la maladie nous change, le reste de la famille aussi en sort changée et il faut réapprendre à vivre ensemble… Tout au long de la première année, je disais fréquemment que j’avais l’impression d’être ressuscitée.

               En sortant de l’alcool, je désirais rencontrer de chrétiens qui avaient vécu cette même maladie. Je me posais la question : comment peut-on être chrétien et malade alcoolique.  j’ai fait la connaissance des Pèlerins de l’Eau Vive. Ils m’ont éclairée sur la maladie, fait comprendre que Dieu avait été là chaque jour, qu’Il n’avait pas cessé de m’aimer pendant toute cette période même si je n’avais pas senti sa présence et qu’il me paraissait ne rien avoir à faire  dans tout cela comme je le disais à ma mère.

               Les premières années, je me disais souvent que j’avais perdu 10 ans de ma vie à boire. Un jour , faisant cette réflexion à un prêtre, il m’a répondu : non, elle vous a fait ce que vous êtes aujourd’hui. C’est vrai, j’ai l’impression d’avoir été décapée, ma foi et le regard que je porte sur les autres ont été transformés ; je sais les merveilles que le Seigneur est capable de faire en chaque homme, alors je garde toujours l’espérance même si la situation semble désespérée ; chaque homme est unique et a son histoire que nous devons respecter.

              La maladie m’a fait rencontrer des personnes merveilleuses,  alors oui, pour j’ai vécu cette étape douloureuse mais je ne regrette pas.

Centre de préférences de confidentialité

Necessary

Advertising

Analytics

Other