une femme qui dans sa souffrance a rencontré le Seigneur et la fraternité…

Je ne sais plus quand a commencé ce besoin d’alcool (je pense après la naissance de mon premier fils en 1973 jusqu’en 1998 = 25 ans
Agée de 63 ans, maman de 3 grands enfants et grand’mère de 4 petits-enfants dont le plus grand a 21 ans, je suis divorcée depuis 14 ans. C’est moi-même qui ai pris cette décision après une abstinence “heureuse” de quelques mois  suite à des soins uniquement médicamenteux. J’étais fière de moi!
Puis il y a eu cette “terrible rechute”.
Lors de cette première abstinence, suite à la prise des médicaments, j’ai perdu beaucoup de poids (de 88 à 38 kg) mais je me sentais très bien et surtout je redevenais « coquette » (je pensais que je pouvais encore être “aimée” ?
Mais, au fil des jours, je me suis aperçue que j’inquiétais beaucoup mon entourage …
Leur silence me gênait et me faisait peur … si ce changement me convenait très bien, il ne convenait pas aux autres …
Si bien que … je ne sais pas pourquoi … je me suis dit qu’il fallait que je reprenne du poids … et je me suis rappelée que, lorsque nous étions enfants (mon frère et moi) nous étions un peu « chétifs »et maman nous donnait, de temps en temps, de la “Quintonine” (dans du vin) pour nous requinquer …
Je voulais donc faire un essai de “Quintonine” mais j’ai pensé que c’était plutôt destiné aux enfants et, je me suis rappelée que l’on m’avait dit qu’il fallait mettre un jaune d’œuf dans un verre de PORTO !!!
et voilà … la descente aux enfers : un verre, 2 verres, 3 verres voire la bouteille entière …
Je ne pouvais plus m’en passer …
Être malade de l’alcool c’est “terrible” !!! ne plus pouvoir s’en passer …
Ne plus pouvoir écrire, ne plus pouvoir aller travailler, ne plus pouvoir réfléchir, ne plus avoir envie de rien …
C’est la déchéance la plus complète, c’est vouloir mourir pour tout oublier …
Oublier que nous nous enfonçons chaque jour un peu plus et toujours plus profondément …
Jusqu’au jour où, nous avons une lueur d’espoir (nous sommes vraiment dans le fond) et que nous acceptons de nous faire soigner car, la maladie “Alcool” se soigne. Bien sûr par un accompagnement médical mais ce qui compte le plus dans le soin, c’est l’entourage et la fraternité. Enfin être “reconnu” sans être jugé : pouvoir parler librement et être écouté.
C’est sans doute ce qui m’a manqué lors de ma première abstinence.
En fait, dans mon couple et le comportement de ma fille, le fait que je ne boive plus n’a absolument rien changé. J’ai donc pris la décision de partir … puisque je n’étais plus AIMEE …
Personnellement, ce qui m’a “sauvée” : retrouver l’impression d’être “AIMÉE” … revivre
espérer … et aimer en retour.

C’est dans un Centre de post-cure des Sables d’Olonne que j’ai été soignée il y a 14 ans, envoyée par un médecin psychiatre de l’Hôpital de LAVAL (SPAL) envers lequel j’ai énormément de reconnaissance et, c’est dans ce même Centre que j’ai fait la connaissance du Mouvement des Pèlerins de l’Eau Vive lors d’une soirée de présentation de mouvements de malades de l’alcool.
J’aimais beaucoup ces présentations.
Le témoignage de Marie Jo qui présentait ce mouvement  m’a beaucoup touchée …
Un premier lien d’amitié venait de se tisser avec les Pèlerins de l’Eau Vive, mais je sentais qu’il y avait autre chose ….
Après cette rencontre, j’ai revu Marie Jo plusieurs fois. Je n’étais plus la même. Je reprenais confiance en moi et je me souviens avoir dit à Marie Jo “MERCI, c’est vraiment grâce à toi que je reprends goût à la vie” et elle m’a répondu à sa manière : “Tu sais, je ne suis pas seule à t’aider”.
Ce même soir, je me suis couchée et en attendant que je m’endorme, je repensais à la réponse de Marie-Jo : qui pouvait donc m’aider et venir à mon secours ???
Je me suis endormie et j’ai fait “un rêve”, le Christ m’est apparu vêtu de sa robe blanche et il me demandait de lui prendre la main et de le suivre (pourtant, je ne le connaissais pas !!!).
J’avais donc la réponse …
Ma guérison, où plutôt mon abstinence a été ensuite de plus en plus facile à vivre. Je savais que je n’étais plus seule … j’avais les amis et j’avais le Christ.
J’ai ensuite connu “la petite Communauté Sainte-Claire” où j’ai tout de suite été accueillie avec chaleur.
Depuis 2001, j’ai eu bien sûr des ennuis et de gros soucis : surtout la maladie de ma fille qui est schizophrène mais je continue mon chemin.
L’année 2013 a été pour moi une année merveilleuse puisque j’ai fait ma première communion à l’Ascension et ma confirmation à la Pentecôte, soutenue par un groupe d’accompagnement constitué d’Anne, de François et de plusieurs Pèlerins de l’Eau Vive. Marie-Jo est devenue ma marraine. En octobre, je me suis engagée auprès des Pèlerins de l’Eau Vive et, je suis devenue “ANON, Serviteur du Seigneur”.
Cet engagement est également très important pour moi car, à mon tour, je me sens capable de soutenir des malades de l’alcool.
J’ai ce besoin d’aider.
Ce témoignage est surtout pour vous dire combien il est important d’aller vers les autres et de pouvoir à son tour se mettre à leur service.
J’ai besoin d’avoir des nouvelles de chacun, de savoir comment ils vont.
Je voudrais que tout le monde soit HEUREUX.
Je rends service dès qu’on me le demande, c’est comme si la fraternité que j’ai connue et qui m’a libérée, je voulais que tout le monde la connaisse. Je continue à m’engager avec les Pèlerins de l’Eau Vive.
Je reviens de ROME et je remercie vraiment les Pèlerins qui ont insisté pour que je vienne avec eux et tout particulièrement Patrick.
Je les remercie de m’avoir emmenée avec eux.
Ce pèlerinage m’a énormément marquée …
Moi, “petite” Pèlerin de l’Eau Vive, malade de l’alcool, attendant le passage du Pape François avec ma pancarte “JESUS, guéris-nous de l’alcool, MERCI”. Je me suis rapprochée le plus possible des barrières et à son passage, j’ai “brandi” ma “PANCARTE” que je porte toujours avec beaucoup d’AMOUR , car je porte avec moi des malades de l’alcool qui me sont chers …
Pour moi, le Pape François a vu la pancarte et il l’a bénie …
Après avoir accompli ce geste qui me tenait tant à cœur, l’émotion m’a envahie et les larmes ont coulé …
Je n’oublierai jamais ce moment d’attente …
Nous avons tous besoin les uns des autres et nous ne pouvons vivre sans AMOUR.
Il ne faut pas rester seul.
Merci MON DIEU

IL Y A TOUJOURS UN CHEMIN : Texte et musique Laurent Grzybowski
Il y a toujours un chemin
Malgré la peur et la violence
Il y a toujours un chemin
Malgré la mort et la souffrance
Il y a toujours un chemin
Car Dieu nous donne une espérance.

Je t’ai cherché, Seigneur,
Dans les décombres de ma vie,
Dans mon malheur, dans ma peine
Ou ma tristesse
Dans mes échecs et mes impasses
Je t’ai cherché … sans savoir
Que tu m’avais déjà trouvé
Et que la vie allait devant
Et que la voie était ouverte !
Vivant parmi les vivants, tu es venu vers moi
Comme un mendiant
Tu m’as délivré de mes angoisses
Et de mes doutes …
Tu m’as donné la main, tu m’as ouvert la route
Tu m’as remis debout et tu m’as dit d’avancer
Et de marcher.
OUI : il y a toujours un chemin … car DIEU nous donne une espérance.
Nicole